Émancipation et progrès

 

Quand les intelligences furent habituées par le commerce des lettres antiques, à chercher leur vie en dehors du Christianisme, elles sentirent le besoin de s’émanciper tout à fait, de l’autorité religieuse, et le monde préparé par la Renaissance se trouva mûr pour la Réforme qui proclama l’indépendance de la raison.

Les grands, impatients du contrôle de l’Église qui gênait leur cupidité, les princes lassés de sa tutelle qui contrariait leur ambition, furent les meilleurs alliés du rationalisme.

L’équilibre entre les droits et les devoirs fût rompu ; la royauté et la propriété perdirent leur caractère originel de fonction et de charge ; les rois sur leurs trônes, comme les propriétaires dans leurs domaines, travaillèrent à se rendre absolus.

Là même où la révolution n’atteignit pas entièrement son but, la sécularisation de l’État, ses conséquences indirectes se firent sentir.

 

D’un côté le régalisme, mit la hiérarchie, ecclésiastique sous la dépendance du pouvoir civil.

De l’autre côté, les nécessités de la lutte économique avec les peuples qui s’affranchissent des lois de l’Église, rendirent de plus en plus difficile leur observation rigoureuse, relativement à l’intérêt, au juste prix, au respect des jours fériés.

Mathieu Laine a dit que “le protestantisme était un Christianisme rabaissé au niveau des appétits de la classe bourgeoise”.

L’évolution antichrétienne, poursuit pendant deux siècles une marche latente et sourde ; l’expression et les résultats en sont la Révolution de 1789, qui fait table rase du passé, déifie la raison et propage le CONTRAT SOCIAL DE ROUSSEAU.

 

Le droit international, le droit public et le droit privé s’émancipent de la loi chrétienne.

La sécularisation des lois et de l’économie suit celle des biens ecclésiastiques.

Le faible ne trouve plus de garanties positives : la jouissance, l’extension, le développement de la propriété individuelle, n’ont pas de limites.

Il n’existe presque plus de biens communaux, ecclésiastiques ou corporatifs, réservés en tout ou partie aux pauvres, mais seulement, des biens collectifs qui se forment par le groupement de ressources individuelles, reçoivent de la loi une personnalité fictive et servent au seul profit des capitalistes.

 

   Les individus qui ne possèdent rien, n’ont vraiment rien !

La loi leur dénie, avec le droit à l’assistance, le droit au travail, et les punit en cas de vagabondage (mesure inique) !

Le système économique basé sur le prêt à intérêt, réduit à l’état de lettre morte, le précepte des Livres saints, qui ordonne à chacun de travailler pour vivre.

Il rend son observation illusoire ou impossible, en fournissant à quelqu’un, le moyen de vivre du labeur de ses semblables et d’en absorber le fruit.

L’intérêt et l’impôt, prélevés sur les produits du travail, ne sont plus, comme dans l’Antiquité, deux forces indépendantes, mais, deux forces accouplées.

C’est au paiement des intérêts de la dette publique qu’est aujourd’hui consacrée la plus grande part des impôts.

     Doit-on s’irriter des revendications des sacrifiés de la civilisation moderne ?

Rabaissé par tout le système économique au rang de marchandises, l’homme réagit !

Sa réaction est brutale et il fait appel à la force, que les théories régnantes lui montrent aujourd’hui, comme le seul, suprême et légitime arbitre.

“L’exclusion sociale est un fléau contre lequel l’Union doit lutter avec détermination” Mathieu Laine, conseiller et bras droit d’Emmanuel Macron.

Ce dernier fut l’une des chevilles ouvrières du programme économique du candidat socialiste.

Cet homme politique a ramé contre le courant pendant deux ans, afin d’imposer sa ligne socio-démocrate !