L’avocat Yassine Bouzrou, déchargé de l’affaire de l’islamologue suisse

 

Au cours d’une conversation téléphonique, Tariq Ramadan, le professeur et théologien suisse, a annoncé le mardi dernier à son (ancien) avocat, Me Yassine Bouzrou, qu’il ne souhaitait plus être représenté par lui. L’avocat a remis le dossier à son confrère Me Emmanuel Marsigny qui a récemment été désigné pour représenter son client.
Le jeudi 15 mars, autour d’un plateau télévisé sur une chaîne française, Me Marsigny était l’invité de l’émission, il a clairement déploré l’omniprésence de la partie civile autour de l’affaire du théologien dans les médias. ‘‘ … Un avocat ne rend pas une affaire médiatique, la défense de Monsieur Ramadan n’a joué aucun rôle dans la médiatisation de cette affaire… ’’, telles étaient les mots de l’avocat. Il a également reproché au Me Bouzrou qui s’était chargé de ce dossier depuis le mois de novembre, de n’avoir pas considéré la mesure de cette affaire.

Les proches du professeur, contestent fortement les prestations de Me Bouzrou

Depuis la date du 20 mars, Yassine Bouzrou a été débarqué par son client qui lui a signifié qu’il ne voulait plus de lui comme représentant. Par ailleurs, dès le jour de la détention provisoire de l’islamologue, les rapports entres ses proches et l’avocat étaient tendus, les différents auraient notamment porté sur les honoraires d’avocat. Il s’avère même que Yassine Bouzrou aurait contacté un soir Me Marsigny (peu avant que ce dernier ne rejoigne l’équipe de défense) pour lui parler du dossier en question.
Yassine bouzrou ne connaissait pas vraiment son client avant cette affaire et a été recommandé par des proches pour la défense.
Suite à sa convocation, au moment où il s’est présenté devant la police judiciaire, Tariq Ramadan n’a nullement été informé par Me Bouzrou sur une possible garde à vue et encore moins sur une période de détention provisoire. Détenu depuis le 2 février, l’islamologue n’aurait reçu la visite de son avocat qu’après plusieurs jours dans la prison de Fleury-Mérogis. D’après ses dires, l’avocat n’avait pas pu se déplacer et ne détenait pas de permis.
Ce n’est que le 7 février que Yassine Bouzrou n’a rendu visite à son client, un comportement inacceptable selon la famille du professeur qui démarche alors d’autres avocats afin de remplacer Me Bouzrou.

Yassine Bouzrou ne fait pas le poids face à cette affaire


Depuis l’ouverture de ce dossier, Yassine Bouzrou ne cesse de multiplier les faux pas, et d’offrir à l’entourage de son client les bonnes raisons pour se séparer de lui. L’une de ses erreurs, c’est d’avoir éloigné le ‘‘ très ’’ suivi du comité de soutien de l’islamologue et de ne pas l’avoir tenu à jour de l’évolution de cette affaire. Il aurait fauté par son excès de confiance et son manque d’expérience, qui ont joué en sa défaveur. Selon un avocat du barreau, c’était la première fois que Me Bouzrou avait en charge un dossier aussi important et aussi complexe que celui de l’islamologue suisse. ‘‘… Jamais dans les affaires judicaires on a assisté à un tel silence et une telle absence sur les plateaux télévisés surtout dans le cadre d’une affaire aussi médiatisée… ’’ Explique un expert de communication. Refusant de s’exprimer dans les médias, Yassine Bouzrou laisse ainsi libre cours à la partie adversaire, inadmissible pour les proches du théologien. Celui qui défendait depuis plusieurs mois l’une des rares figues de l’islam en Europe, n’est désormais plus son avocat.