L’esclavage, hier et aujourd’hui !

 

 

L’esclavage est un système socio-économique, qui ne fonctionne que par la violence et sous la contrainte, reposant sur l’exploitation d’êtres humains.

L’esclave est une personne qui appartient à un maître exerçant sur lui un pouvoir absolu.

 

   Qu’est-ce qu’un esclave ?

La journaliste française Audrey Crespo-Mara, a écrit tout un livre, concernant ce sujet.

“Chaque fois que l’on absorbe une notion relativement sulfureuse et peu connue, l’honnêteté intellectuelle, exige une définition qui en précise la nature et en cerne les contours.

Dans le cas de l’esclavage, l’exercice est d’autant plus nécessaire que le langage et les représentations mentales en donnent des images multiples et contradictoires, qui non seulement travestissent la réalité, mais finissent par en banaliser l’horreur, au point de la rendre supportable par une opinion mal informée.

Ainsi, dire que l’on est esclave de soi-même, de ses passions, de ses plaisirs, de l’alcool, de son conjoint, de son patron, de son travail, relève de situations peu agréables, mais dans lesquelles l’individu qui s’en dit victime, conserve une part d’initiative, susceptible de l’en libérer, ou signifie du moins qu’au départ, il a fait le choix de se laisser envoûter par la situation, alors que l’esclavage, par essence, représente la totale privation de liberté, imposée par la violence à une personne pour la seule raison, qu’elle est plus faible.

La victime tombée dans une complète dépendance, subit le bon vouloir du maître, qui lui impose n’importe quel travail, sous la menace de lui infliger des souffrances insupportables, et éventuellement, de le tuer.

 

Esclavage et criminalité se rejoignent ainsi dans le flou d’initiatives, qui cherchent à contourner les lois, avec pour objectif premier, la suppression intégrale des coûts salariaux”.

 

   Histoire de l’esclavage :

Depuis la haute antiquité, on plongeait les esclaves, dans une totale dépendance, en leur ôtant, toute personnalité et en les transformant en objets.

Les maîtres y parvenaient, non seulement en leur infligeant des traitements inhumains, mais aussi, en les achetant et les vendant, telle une marchandise qu’ils se transmettaient par héritage.

La réussite arrivait lorsque l’esclave, totalement brisé, finissait par avoir honte de sa condition et accepter l’idée d’en être le premier responsable par sa propre faiblesse.

Ce dégoût de soi, conduisait à se considérer comme inférieur, amputé d’une part d’humanité, comme si, une inexorable fatalité avait, ainsi que le disait Aristote, séparé l’humanité en deux, ceux qui naissent pour obéir et ceux qui naissent pour commander, induisant par là une obéissance passive.

 

Jusqu’aux abolitions de l’esclavage, s’opposer à un tel clivage sanctionné par les lois remettait en question un ordre aux limites du métaphysique et méritait la mort.

Il fallait l’âme bien trempée d’un héros pour entrer en rébellion, comme le firent le Spartacus ou les Marrons des colonies américaines.

Jusque dans la sphère privée, la loi sacralisait cette organisation et légitimait la violence, des maîtres en criminalisant toute opposition.

À partir de là, tout était possible, et l’on sait les chaînes forgées pour entraver les esclaves, les séances de flagellation, les viols, les mises à mort, et tout le cortège d’horreurs qui accompagnent l’histoire de l’esclavage…” Extrait de l’article “la dénonciation de l’esclavage”, d’Audrey Crespo-Mara, l’épouse de Thierry Ardisson, publié le 20 mai 2017.