Tout juste adoptée, la charte des principes soulève des interrogations

Bernard Godard, longtemps en charge de l’islam au ministère de l’Intérieur, analyse ‘la charte des principes de l’islam de France’ que le président de la République veut faire adopter au Conseil Français du Culte Musulman, divisé sur la question.
Six fédérations du CFCM ont paraphé dimanche 17 janvier 2021 ‘une charte des principes’, saluée lundi par Macron Emmanuel comme un ‘engagement clair, net et précis au profit de la République’. Mais quatre autres fédérations ont confirmé ce vendredi matin qu’elles ne signeraient pas le texte, estimant que certaines mesures risquent de fragiliser les liens de confiance avec les fidèles. “Certains formations et passages de la charte sont de nature à fragiliser les liens de confiance entre la Nation et les fidèles de France”, a déclaré Ahmed Ogras, le président du Comité de coordination des musulmans turcs de France.
Il est important de rappeler que cette charte, réclamée par Macron Emmanuel dans la foulée de son offensive contre l’islam radical et le séparatisme, a été paraphée dimanche par six des 9 fédérations du CFCM après plus de deux mois de crise interne. “Le radicalisme est un problème politique, pas islamique”, a ajouté Mohamed Moussaoui. Il est à noter que l’islam (prenant sa source dans le saint Coran) est contre le radicalisme.

        Charte des imams : vers un islam républicain ?

La charte des principes de l’islam de France, arrachée de haute lutte, réaffirme la compatibilité de la foi musulmane avec la République, proscrit l’ingérence d’États étrangers dans le culte en France et dénonce particulièrement l’instrumentalisation politique de l’islam. Selon Mohamed Moussaoui, le président du Conseil Français du Culte Musulman, les points principaux de désaccord exprimés par ces organisations portent essentiellement sur la définition précise de l’islam politique et la définition des ingérences étrangères.
Le mouvement Pratique et Foi, la confédération Islamique Millî Görüş France et le Comité de coordination des musulmans turcs de France demandent ‘une consultation participative, démocratique et élargie’ de leur base avant de signer une charte dont elles saluent toutefois l’esprit.
De toute façon, le CFCM se donne du temps pour obtenir l’adhésion des imams de terrain.
En effet, la charte doit ainsi ouvrir la voie à la création d’un CNI (Conseil National des Imams). Selon le président du Conseil Français du Culte Musulman, il sera chargé de labelliser les imams (turques, marocains, ou encore algériens) exerçant en Europe, notamment en France.